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Yadan bananée !

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« Y’a pas bon, Yadan » aurait-on pu écrire également afin de filer le jeu de mots colonial de la pub pour la poudre chocolatée d’autrefois... La députée ex-macroniste a donc dû retirer sa PPL (proposition de loi) contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme » en échange de la promesse, par le gouvernement, d’une loi plus "sérieuse" : « Laisse donc faire les professionnels » semble lui dire un Gouvernement de plus en plus paralysé. Il est vrai que la remplaçante de l’inénarrable Meyer Habib au poste d’ambassadeur de Netanyahou au sein du Parlement français a mal vécu, comme son mentor, la reconnaissance de l’État de Palestine par la France. Il lui fallait remotiver les inconditionnels d’Israël et, pour ce faire, quoi de mieux que de les rameuter sous la bannière œcuménique de la lutte contre l’antisémitisme ? Manque de chance : elle s’y est prise chaussée de sabots tellement gros que nombre de ses soutiens l’ont lâchée : à part Hollande et Guedj, non seulement toute la gauche s’y est opposée (dont notre député NFP-PS Pierre Pribetich pourtant signataire de la PPL au début), mais même une partie des centristes et quelques députés de droite se sont soudain souvenus qu’ils auraient piscine le jour du vote. Il est vrai que plus de sept cent mille citoyen·ne·s pétitionnant en quelques jours sur le site de l’Assemblée nationale avaient de quoi en inquiéter plus d’un ! Face à ce naufrage prévisible, le gouvernement a retiré le texte pour… en proposer un autre, de même nature, au mois de juin*.

C’est qu’il faut bien sauver la face. Mais pas que…

Il faut évidemment combattre l’antisémitisme, ce que notre arsenal juridique permet déjà largement.

N’y aurait-il pas cependant d’autres raisons à une telle insistance ?

 

C’est que, voyez-vous, l’État d’Israël est hors contrôle : de Gaza à la Cisjordanie, du Liban à l’Iran, de 1948 à nos jours, ce ne sont que spoliations, destructions, massacres et, désormais, génocide du peuple palestinien.

 

Dès lors, pour les sionistes de tout poil (ceux de « gauche » comme ceux d’extrême droite), comment faire autrement, pour soutenir et justifier ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité permanents, qu’en nous faisant croire que c’est fondamentalement le « nouvel » antisémitisme qui se cache, en réalité, derrière leurs dénonciations, par les défenseurs des droits de l’homme et des peuples, par les anticolonialistes en passant par les antisionistes ?


La PPL Yadan apparaît pour ce qu’elle est : une manipulation tellement grossière de soutien à l’extrême droite israélienne que même certains sionistes ne l’ont pas gobée. Car, « en même temps » (!), elle prétend dénoncer l’amalgame antisémite entre Israël et les Juifs de France et valide l’idée selon laquelle l’État d’Israël représenterait tous les Juifs du monde et s’exprimerait en leur nom. Après l’« État juif et démocratique » de 1948, la loi de 2018 selon laquelle Israël est « l’État-nation du peuple juif » rend les Juifs encore plus solidaires d’Israël, y compris « à l’insu de leur plein gré » pour beaucoup.

Dès lors, dans une terrible inversion du propos, « ils sont partout », les présumé·e·s antisémites, même quand ils et elles ne disent que l’évidence, au risque d’alimenter l’antisémitisme à force de le combattre jusqu’à l’absurde.

 

Hélas, nous ne sommes pas en Espagne et le moins que l’on puisse dire est que le contexte français est en phase avec les amalgames yadanesques : en étroite collaboration avec des organisations sionistes ou une certaine presse, notre gouvernement fait sa part du sale boulot en criminalisant les manifestations de solidarité avec la Palestine et les Palestiniens, en tentant de faire condamner les appels au boycott d’Israël, en multipliant les signalements pour « apologie du terrorisme » et, bien sûr, en refusant d’envisager la moindre sanction à l’encontre d’Israël.

 

On est bien dans un système qui nous fait mieux entrevoir le sens véritable du texte de la députée des Français d’Israël et, très probablement, du texte gouvernemental prévu en juin, en lieu et place de sa PPL*.

 

Il ne faut donc rien attendre d’autre de la France «  officielle » que veulerie et complicité.

 

Car seule la mobilisation citoyenne payera :

- on l’a vu plus haut avec la pétition des 700 000 ;

- si une pétition d’un million d’Européens demandant la rupture de l’accord d’association de l’Union européenne avec Israël ne suffit pas, alors nous serons deux millions !

- on nous a menti par rapport aux ventes d’armes de la France à Israël : suite à la plainte pour "complicité de crime de guerre" et "complicité de crimes contre l’humanité" de l’Union Juive Française pour la Paix visant principalement la société française FedEx Express FR, le parquet national antiterroriste devra enquêter sur tous les acteurs de la chaîne logistique.

 

¡ Ya basta !

​* Il semble qu’en fait le gouvernement rétropédale de façon notable et que son projet de loi Yadan 2 porté par la très sioniste ministre en charge de la lutte contre les discriminations Aurore Bergé n’aura pas grand-chose à voir avec la PPL Yadan.

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