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n° 39 - mai 2026

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Les résultats plutôt décevants de la Gauche unie aux dernières municipales nous obligent à nous interroger. La dynamique d’Union de la Gauche menée depuis plus de deux ans ne s’est pas traduite au niveau électoral. Ce repli de la Gauche, plutôt inattendu, résulte de plusieurs facteurs qu’il n’est pas toujours simple d’identifier.

La liste « Quetigny nous ressemble, Quetigny nous rassemble », portée par la Gauche Quetignoise* et menée par Isabelle Pasteur, a remporté les élections municipales du 15 mars : 53,46 %, face à une Droite en progression avec 43,17 %, la liste conduite par Lutte Ouvrière étant créditée de 3,37%.

La comparaison avec l’élection de 2020 en plein confinement dû au COVID reste difficile ; il faut donc comparer également avec 2014.

 

Un recul de 17 points par rapport au résultat réalisé par la Gauche en 2020 (71 %) et de 8 points par rapport à celui de 2014 (61 %). L’audience de Lutte Ouvrière reste assez marginale, un peu supérieure à 2020 et à son niveau de 2014.

La liste de Droite menée par Sébastien Kencker enregistre une progression de 16 points par rapport à 2020 et de 7 points par rapport à 2014.

Pourquoi un tel recul ?

 

La perte d’audience et la désunion qui s’est installée durablement au sein de la Gauche au niveau national ont évidemment pesé lourd sur les résultats de notre scrutin local. Après l’échec du mandat de François Hollande et l’élimination de la Gauche dès le premier tour des Présidentielles de 2017 et 2022, le poids électoral de la Gauche est descendu autour de 30 %, un niveau historiquement bas que l’on constate régulièrement sondage après sondage. Cette évolution globale n’a pas manqué de peser pour partie sur les résultats de l’élection municipale.

La montée de l’Extrême Droite, qui ne présentait pas de liste dans notre ville, a sans doute profité à la Droite de S. Kencker dans un contexte de porosité des idées et des positionnements de cette partie du corps électoral.

Si la majorité sortante peut se prévaloir de belles réalisations comme la Parenthèse, l’immeuble intergénérationnel et l’immeuble HLM de la place centrale, et surtout de la préservation de services publics dans un contexte difficile, elle en a fait un bilan trop élogieux, trop éloigné des difficultés de la vie quotidienne de nombre de nos concitoyen·ne·s, qui continuent de s’aggraver. Ces personnes attendaient sans doute une amélioration de leur situation et ont été déçues par une municipalité qui ne pouvait, hélas ! pas répondre à leurs attentes en lieu et place de l’État.

Plus de quatre mois de débats au sein de la Gauche Quetignoise sur l’élaboration du programme ont permis de multiples propositions sur les thèmes de la solidarité, de la jeunesse, de l’écologie, de la démocratie et de la santé, en particulier celle des jeunes. Si l’expression des propositions a été très ouverte, la finalisation du programme a été peu partagée et son expression publique a sans doute manqué d’ambition dans ses priorités sociales et démocratiques, comme dans ses réponses aux attentes de la jeunesse.

 

La Gauche Unie, atout ou handicap ?

Si la Gauche Alternative avait présenté une liste, un deuxième tour aurait eu lieu, et la liste autour du Parti socialiste n’était pas assurée d’être en tête. La liste commune aura au moins eu l’avantage d’assurer une victoire dès le premier tour, victoire qui n’était pas certaine au 2ème tour, même dans l’hypothèse d’une union de la Gauche.

Certains ont repris l’idée que la présence de candidats proches de La France Insoumise ont été un repoussoir pour bon nombre d’électeurs de Gauche. Rien n’est moins sûr et l’on peut inverser le propos : la présence de LFI sur la liste unitaire a pu inciter une partie des électeurs à voter pour la liste commune.  Pour mémoire, rappelons que, lors de la dernière présidentielle de 2022, J.L. Mélenchon arrivait en tête à Quetigny avec 31 % des voix, les candidats du reste de la Gauche n’en recueillant que 11 %, dont un peu plus de 2 % pour le Parti Socialiste. Aux élections européennes de 2024, la liste de LFI devançait également la liste menée par le Parti Socialiste et Place publique.

Si l’union fait la force, elle n’est pas toujours facteur de progrès électoral. Une partie des électeurs peuvent préférer un vote pour leur proximité partisane à une union qui peut être perçue comme trop fade ou trop radicale selon les points de vue, ou tout simplement se réfugier dans l’abstention. Cela a pu jouer en défaveur de la liste unitaire de la Gauche.

L’expérience de la Gauche Quetignoise ne se limite pas à une élection. Le travail commun effectué, les initiatives prises depuis plus de deux ans ont été d’un apport considérable qui devrait être un atout précieux pour l’avenir. Nous avons réalisé à Quetigny ce que la Gauche devrait engager au niveau national en vue des prochaines échéances électorales majeures : se rencontrer, travailler à l’élaboration d’un projet commun en dehors de toute volonté hégémonique. Les 3/4 des électeurs de Gauche de notre pays le souhaitent et le demandent.

 

 

* La Gauche Quetignoise est un collectif d’une centaine de Quetignois·es soutenue par l’ensemble de la Gauche à l’exception de Lutte Ouvrière : les Écologistes, la France Insoumise, le collectif « Gauche Alternative », l’APRES (l’Alliance pour une République écologique et sociale), le NPA, le Parti Communiste, le Parti Socialiste.

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