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On peut comprendre l’enthousiasme et l’engouement que suscitent les J.O., décuplés par la gigantesque machine médiatique, mais, comme l’a écrit Monique Pinçon-Charlot, « le projet d’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques dans les Alpes Françaises en 2030 constitue un véritable bijou oligarchique ». En effet, dès l’été 2023, Emmanuel Macron, avec l’accord de Laurent Wauquiez (président de la région Auvergne-Rhône-Alpes) et de Renaud Muselier (président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur) lance ce projet délirant. Dès lors, tout va s’enclencher, en dehors de tout débat démocratique, entraînant de graves atteintes à l’environnement et à la biodiversité, de sérieuses entraves aux libertés démocratiques, et une gabegie financière inutile et néfaste.

 

On nous vend des jeux « durables et écologiquement responsables », où « 95 % des infrastructures sont déjà existantes », « le moins cher possible, sans augmenter les impôts, car les Jeux paieront les Jeux »…


La démocratie et les libertés sont bafouées
 

 

La France n’a pas respecté la Convention d’Aarhus, ratifiée en 1998, puis transcrite dans notre droit, à travers la Charte de l’environnement. Cette convention stipule qu’il est nécessaire de mettre en place une consultation et des mesures de participation du public dès lors qu’un projet a des répercussions sur l’environnement.

Le 5 février 2026, le Parlement a voté (avec les voix du P.S.), pour satisfaire les exigences du C.I.O.,  la "loi olympique" qui permet des dérogations temporaires au droit commun en matière d'urbanisme, de logement, de santé, de travail, mais aussi de droit fiscal (défiscalisation) et de sécurité (vidéosurveillance algorithmique, autorisation aux agents de sécurité privés d'inspecter visuellement l’intérieur des voitures, 20 hectares artificialisés décomptés nationalement et pas localement...).


L’environnement est négligé


Aucune étude n’a été faite sur les conséquences environnementales des J.O.P., mais on peut déjà soupçonner que l’utilisation de la neige artificielle (avec les grandes quantités d’eau qu’elle requiert) sera obligatoire, compte tenu du risque de faible enneigement ; cela pose le problème de la gestion de l’eau, tournée vers le ski au détriment des usagers et des rivières. Les infrastructures de transport seront orientées vers la route, alors que le train fonctionne très mal dans ces vallées et mériterait d’être très amélioré pour les populations locales, surtout en P.A.C.A.  Oublié, le chaos climatique, particulièrement marqué dans les Alpes : pluies et inondations provoquent éboulements, routes coupées, campings évacués, maisons et ponts emportés, et tout cela entraîne des coûts énormes pour les collectivités qui attendent toujours des aides de l’État. Pourtant, il y a de l’argent public pour les J.O.P. !


Le financement est gravement sous-estimé.


Une enveloppe globale pour le COJOP (Comité d’Organisation pour les Jeux Olympiques et Paralympiques) est déjà passée de 1,5 milliard d’euros à 2,132 milliards. Les jeux doivent être financés par des fonds privés, mais jamais dans l’histoire cette promesse n’a été respectée. D’autre part, de nombreuses dépenses d’infrastructures, la gestion de la sécurité, celle des transports seront financées par l’État et les collectivités. 95 % des infrastructures existantes seront réutilisées, certes, mais la piste de bobsleigh de La Plagne, par exemple, demandera 30 millions d’euros de mise aux normes et son exploitation reste déficitaire. Il faudra construire une nouvelle patinoire à Nice, mais envoyer quand même les épreuves de vitesse à l’étranger (Italie ou Pays-Bas). Bref, l’Inspection Générale des Finances évalue entre 850 à 900 millions d’euros le déficit du budget du COJOP. Rappelons que l’État a signé les garanties financières exigées par le CIO, qui font qu’en cas de déficit les contribuables le prendront en charge.


Une gouvernance houleuse

Martin Fourcade s’était porté candidat pour la présidence du COJOP, mais il a renoncé en février 2025, en raison de désaccords trop nombreux avec les régions Auvergne-Rhône-Alpes et PACA sur le mode de gouvernance, la vision ou l'ancrage territorial. Récemment, trois directeur·ice·s ont démissionné : la directrice des opérations du COJOP, le directeur de la communication, et le président du comité des rémunérations. Ce dernier dénonce « une dérive importante » dans le fonctionnement du Comité d’Organisation des JO 2030, et tacle la gouvernance du président Edgar Grospiron.

À l’heure où l’urgence écologique demanderait que les fonds de l’État et des collectivités locales aille à la lutte contre le dérèglement climatique et à l’aide à l’adaptation des territoires de montagne pour sortir du tout-ski et du surtourisme, et où, de toute façon, de nombreuses stations de ski de moyenne altitude sont condamnées à disparaître faute de neige, il est aberrant que tant de moyens financiers, qu’on évalue mal, soient attribués à un projet en contradiction avec nos engagements internationaux (accords de Paris...), nationaux (loi ZAN...) et régionaux (loi PACTE, contrats de massif…).
                                           

NO J.O. !

 

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