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Le plan Trump pour Gaza

Le plan Trump pour Gaza adopté par le Conseil de sécurité de l’ONU est un pas de plus contre l’autodétermination des Palestiniens.

 

Depuis la  déclaration Balfour de 1917 qui donnait la Palestine aux sionistes, l’Occident « civilisé » décide du sort des Palestiniens sans eux, contre leurs droits fondamentaux : « mandat » donné par la Société des Nations, l’ancêtre de l’ONU, à l’Empire britannique, refus du droit au retour des réfugiés, refus d’un d’État palestinien,  le mur d’apartheid, la colonisation permanente…

 

Les États-Unis ne sont pas des arbitres impartiaux comme ils voudraient le faire croire. Ils sont, au contraire, co-auteurs du génocide qui serait fini depuis longtemps sans le flux ininterrompu des livraisons d’armes les plus meurtrières. 

Le plan TRUMP pour Gaza,

c’est le nouvel avatar de la négation de la Palestine et la disparition des Palestiniens comme acteurs de leur destin. C’est la poursuite du génocide par d’autres moyens : une occupation coloniale internationalisée, une mise sous tutelle, une sorte de protectorat international,  pilotée par Trump et... Tony Blair, l’homme de l’invasion de l’Irak, qui a bien mérité de l’impérialisme...

Une nouvelle fois, ce plan est contraire au droit international, comme l’a souligné Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés.

Que sait-on de ce plan en pratique ?

Le territoire gazaoui serait divisé entre une « zone verte » sous contrôle conjoint de forces armées israéliennes et étrangères, où se ferait la reconstruction avec des « villes intelligentes » blindées de caméras partout, et une « zone rouge » laissée en ruines, où sont actuellement concentré·e·s les Gazaoui·e·s. La « reconstruction » serait financée par les États féodaux arabes, sans la moindre réparation d’Israël ou des États-Unis.

Le but est de changer la géographie de Gaza

 

L’armée israélienne contrôle 60 % du territoire dont la zone de Rafah, réduite à présent à une dune de sable. La quasi-totalité de la population est concentrée de force sur un petit territoire surpeuplé qui comprend les villes de Nuseirat et Deir al Balah, la zone d’Al Mawasi et une partie des villes de Gaza et Khan Younis. La méthode est celle appliquée aussi en Cisjordanie : chasser le plus possible de population et enfermer celle qui reste dans des zones surpeuplées.

L’alternative à GAZA : résister ou disparaitre

Netanyahou continue de décider à sa guise d’une reprise des bombardements ou de la dose d’aide humanitaire. Au Liban, le cessez-le-feu est encore plus théorique.

La situation est terrible : le nombre réel de mort·e·s est sans doute supérieur à 10 % de la population. Mais les Gazaouis n’en pouvaient plus. Les déplacements forcés incessants, la famine organisée, l’angoisse et les souffrances quotidiennes devaient s’arrêter tant la prolongation de la guerre devenait insupportable. 

Malgré tout, les Palestinien·ne·s ont obtenu quelques acquis :

La libération de 2 000 prisonniers, dont environ 250 condamné·e·s à vie. Certes, les prisonniers emblématiques ne sont pas sortis, mais ceux qui ont pu partir entretiennent l’espoir.

Dans les pires circonstances, la société de Gaza a tenu. Une organisation collective a permis de trouver des abris et de nourrir une grande partie de la population. Les élèves ont continué d’étudier, même par Internet. Des diplômes ont été décernés à des étudiant·e·s. Dans les rares endroits où il restait des terres cultivables, l’agriculture a redémarré ainsi que la pêche lors des flottilles.

 

Enfin, pour la première fois, Trump a évoqué un « chemin » vers l’autodétermination du peuple palestinien, mais seulement sur la base de « négociations » entre Israéliens et Palestiniens, sous l'égide des États-Unis d’Amérique. Or l'autodétermination est un droit inaliénable qui ne peut pas être soumis aux conditions de la puissance occupante. Et que penser d’un plan qui ne dit rien au sujet de la colonisation en Cisjordanie, élément essentiel pour la viabilité d’un État palestinien ?

 

Les tâches du mouvement de solidarité restent donc inchangées :

- Aider la société palestinienne à rester debout,

- Lutter pour que les Palestiniens soient maîtres de leur avenir, que la société civile comme les partis politiques soient entendus, que la Palestine puisse s’autodéterminer.

- Obliger les gouvernements complices à sanctionner l’État israélien génocidaire ; le cessez-le-feu n’« efface » pas le génocide, comme fait semblant de croire Macron qui, après avoir interdit à huit firmes israéliennes de participer au salon de la sécurité Milipol, a changé d’avis, invoquant l’amélioration de « la situation sur le terrain suite au cessez-le-feu »...

 

L’image d’Israël s’est effondrée dans de nombreux pays et dans des franges importantes de la société en France. Les crimes commis à Gaza ont changé Israël et son image pour toujours. Ces crimes font écho à une crise globale de la démocratie en Occident, avec une montée globale de l’intolérance, des modes de gouvernance brutaux, voire la militarisation de l’action du gouvernement, des extrêmes droites au pouvoir ou menaçant d’y parvenir.

La question des sanctions reste fondamentale.
 

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