
La gauche en miettes
n'est pas une option !
La candidature de Jean-Luc Mélenchon n’est pas une surprise, mais après celle de plusieurs autres (Guedj, Ruffin, Glucksmann, Cazeneuve…), elle arrive sans doute trop tôt pour celles et ceux qui pensent qu'une candidature commune de la Gauche à la prochaine présidentielle est le seul scénario d'une possible victoire de nos idées. On voit à nouveau se dérouler les prémisses des scénarios de 2017 et 2022 : la stature et le charisme du leader de la France Insoumise réactivant la dynamique du vote utile au premier tour de la présidentielle pour, enfin, le faire accéder au second tour. Mais cela augmente-t-il vraiment les chances d'une victoire ?
Jean-Luc candidat, une bonne nouvelle pour la Gauche ?
Celles et ceux qui préconisent une rupture avec les politiques actuelles et travaillent à une transformation profonde de notre société souhaitent la victoire d'une Gauche ambitieuse dans son programme et résolue dans sa démarche. Les membres de la Gauche Alternative de Quetigny sont de celles et de ceux-là. Dans le cadre de la personnalisation qu’impose la constitution de la 5ème République, nul doute que le meilleur candidat pour la Gauche, à ce stade, est Jean-Luc Mélenchon et qu’il a de réelles chances de l'emporter. Sa candidature est « carrée », son programme au point, et son équipe prête à gouverner. Ailleurs, à Gauche, c’est la multiplication des postulants ; le projet de primaire peine à sortir de la confusion, à la fois sur les modalités et les participants. L’autre grand parti de la Gauche, le PS, n'a pas pour l'instant de projet structuré, et n’en finit pas de se diviser entre clans, dont certains sont très éloignés de ce que nous souhaitons pour notre pays.
Si l'annonce de la candidature Mélenchon suscite de l’espoir dans une partie importante de la population, elle est aussi un pari risqué, parce que tout miser sur un candidat et sur le programme d’un seul parti pour l’emporter plutôt que d’adopter une stratégie d’union n’est sans doute pas la meilleure option. Si la Gauche ne peut pas gagner sans LFI, l’inverse est également vrai. Dans la situation de basculement qui nous menace, se satisfaire d’un pari risqué n’est pas une option. Pour l’emporter au 2ème tour, comme ce fut le cas aux législatives de 2024, il faut un projet qui soit, peu ou prou, accepté par tous.
Ne rassembler qu’une partie de la Gauche peut suffire pour accéder au second tour... mais pas pour gagner la présidentielle ! Un programme radical et un leader charismatique ne seront sans doute pas suffisants pour l’emporter en 2027 quand la Gauche peine à dépasser les 30 % aussi bien dans les intentions de vote que dans les récents scrutins. Le défaut d’union au premier tour peut se traduire, au second, par l'abstention d’une partie de l’électorat progressiste. Et la porosité de plus en plus manifeste entre l’Extrême Droite et la Droite risque de réduire le Front Républicain qui avait permis, indirectement, la victoire du Nouveau front Populaire aux législatives de 2024.
Trop tard pour l’unité ?
Alors que les candidatures fleurissent au sein et autour du parti socialiste, 80 % des électeurs de Gauche sont pour l’unité et pour une candidature commune à la Présidentielle. Faire fi de cette réalité risque de semer la déception, d'éloigner certains électeurs de Gauche du vote, et en même temps de se priver de l’élargissement de l’électorat pour le second tour. Le paradoxe, c’est que la Gauche politique, réunie et appuyée par des secteurs importants de la société civile, ait réussi à créer une véritable dynamique et devancer l’Extrême-Droite lors des dernières législatives... et que les deux plus grandes forces qui la composent n’en tirent pas les conséquences à moins d’un an d’un rendez-vous historique !
Les chances de revenir à l’Union sont minces, malgré les appels répétés... mais elles sont encore réelles ! Un sursaut unitaire est encore possible si les syndicats, les associations, et les citoyens constituent une force pour faire pencher la balance du côté d'un programme ambitieux et résolument ancré à gauche. Pour rassembler, suffisamment de voix s’élèvent pour exiger l’abandon des volontés hégémoniques et le retour à des rencontres, des discussions pour un projet commun porté par une candidature commune. En cas d’échec, celles et ceux qui auront refusé la voie du rassemblement et de l’union porteront une lourde responsabilité historique.
En cas de malheur, unis ou désunis, ce n’est pas la même chose !
Il y a urgence ; le basculement vers un autre monde est à notre porte... Nous pouvons encore empêcher le pire. Mais en cas de victoire de l’Extrême-Droite, la situation ne serait pas la même selon que nous devrions l’affronter unis ou désunis. Désunis, il nous faudrait endurer de nouveaux déchirements au sein de la Gauche. Désunis, nous serions tous perdants, et en premier lieu celles et ceux qui auraient refusé de donner une chance au rassemblement des forces progressistes. Ce qui peut peser en faveur de l'Union, c'est que l'ensemble des forces de Gauche, politiques, syndicales, associatives, culturelles... s'engagent dès maintenant, résolument et solidairement, dans une démarche commune pour l'élaboration d'un programme ambitieux et rassembleur, porté par un·e candidat·e animé·e d'une volonté unitaire incontestable !


