
L'inquiétante
montée du racisme
Les dernières élections municipales ont montré un pic de racisme absolument décomplexé.
Dès la 1ère interview de Bally Bagayoko, élu dès le premier tour à Saint Denis, ses propos ont été déformés par l’Extrême Droite, lui faisant dire que Saint-Denis était la "ville des Noirs", au lieu de la "ville des rois", alors qu’il reprenait là une formule du poète communiste et résistant Jean Marcenac, ami d’Aragon. Cette calomnie a été reprise sans vérification sur les plateaux de BFMTV et de France 5.
Sur CNews, les commentaires de son élection ont dépassé l’abject. Alors qu’il a été comparé, dans des propos insupportables, à un singe ou à un chef de tribu primitive, Onfray a eu le culot de dire qu'il ne s'agit pas là de racisme, puisqu’il n’a parlé ni de "race" ni de "couleur de peau", et fait référence à l’éthologie, science qui étudie le comportement… des animaux.
RTL affirme que les propos tenus par le psychologue Jean Doridot sur CNews sont « jugés racistes par de nombreux responsables politiques » (sic). Ils n’ont pas à être jugés racistes, ils sont racistes, point ! Le ministre de l’Intérieur a fermement condamné ces propos... 15 jours après qu’ils ont été tenus ; Macron a attendu une rencontre prévue depuis longtemps pour les condamner quatre semaines après ces infamies... lui qui avait téléphoné pendant trois quarts d’heure à Zemmour victime d’une agression verbale ! Les élu·e·s racisé·e·s d’autres villes (La Courneuve, Creil, Le Blanc-Mesnil et Vaulx-en-Velin…) ont, elles et eux aussi, subi des insultes racistes même s’ils n’appartenaient pas à LFI... C’est là que tout se joue ; le racisme s’insinue dans des propos qui ne sont pas toujours aussi caricaturaux, avec des réactions différentes selon que vous êtes blanc ou noir, mais qui cherchent à accréditer peu à peu l’idée d'une supériorité des Blancs, de leur « civilisation » et de leur mode de vie. La notion imbécile de « grand remplacement » est distillée dans le discours public et devient une idée digne d’être discutée.
Le racisme tue, depuis longtemps certes (on se souvient d’Ilan Halimi, torturé et assassiné il y a plus de 20 ans pour se faire soutirer de l’argent, parce que juif... donc riche), mais il tue de plus en plus. En 2025, le ministère de l’Intérieur a officiellement recensé trois crimes racistes, mais tous les crimes racistes ne sont pas reconnus comme tels s’ils ne sont pas exclusivement racistes. Par exemple, la Justice refuse de considérer la circonstance aggravante de racisme dans le meurtre de Djamel Bendjaballah par l’ex de sa compagne, alors qu'il le traitait de "sale bougnoul", de "Sarrasin", de "rat", de "Maure", etc.
Dans le système de santé aussi, les préjugés racistes peuvent tuer car, comme le montre une étude récente, les personnes blanches, asiatiques et nord-africaines sont plus souvent jugées prioritaires par rapport aux personnes noires. Le préjugé du « syndrome méditerranéen » fait que les symptômes des Africains sont souvent minorés. Cela peut aboutir à des décès comme celui de Naomi Musenga qui n’ a pas été prise au sérieux par les permanencières du Samu et qui est morte quelques heures après son appel au secours.
La Droite et l’Extrême Droite ont une lourde responsabilité dans le développement du racisme. Déjà sur les réseaux sociaux, les gens se lâchent sans vergogne, y compris des militants et responsables du Rassemblement National. Leurs actions politiques relèvent souvent du racisme, comme à Meyzieu (Région Auvergne-Rhône-Alpes) où la droite et l’extrême droite ont fait repousser l’inauguration, dans un lycée, d’une salle polyvalente au nom de la boxeuse algérienne Imane Khelif proposée par un vote des personnels et des élèves. Dans les établissements secondaires et les universités, les idées nauséabondes se banalisent, avec des tags racistes et fascistes aux alentours, avec la circulation de littérature xénophobe dans les lycées et les facs (Mein Kampf dans trois lycées de l’Ain, à Auch dans l’I.U.T. ou deux groupes d’étudiants diffusent blagues racistes, chants nazis et propos masculinistes sans aucune réaction de la Direction).
Le racisme et l’antisémitisme se diffusent de plus en plus librement dans notre pays. Cela est très préoccupant, d'abord pour les victimes qui en souffrent, avec les conséquences psychologiques sévères qui peuvent en résulter, et pour l’avenir de notre société, car le racisme est bien souvent l’avant garde du fascisme. Nous devons rester très vigilants et lutter pied à pied, au quotidien, contre ce fléau !


