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n° 39 - mai 2026

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Cuba persécutée par les U.S.A.

 

L'administration Trump mène une guerre économique contre Cuba, que nos media ne mettent guère en avant, la guerre au Moyen-Orient monopolisant leur attention. Depuis le 3 janvier, plus une goutte de pétrole n'arrive sur l'île, victime d'un impitoyable blocus : une gigantesque panne a touché tout le pays les 16 et 21 mars derniers ; transports et infrastructures industrielles sont quasiment à l'arrêt ; faute d'électricité, les denrées alimentaires ne peuvent plus être conservées ; les déchets s'accumulent ; le traitement des eaux usées n'est plus assuré ; on craint le développement d'épidémies comme le choléra, dans un pays où la qualité de la médecine est pourtant reconnue dans le monde entier, qui bénéficie de l'aide des brigades de médecins cubains !

Entre le 1er mars 2024 et le 28 février 2025, le montant des dommages matériels du blocus est estimé à 7,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 49 % par rapport à l'année précédente. Concrètement :

- le coût de 2 mois de blocus équivaut aux besoins en carburants nécessaires pour satisfaire la demande en électricité du pays

- le coût de 16 jours de blocus correspond à la somme permettant de répondre aux besoins en médicaments essentiels de l'île

- le coût de 14 heures de blocus est égal au coût d'achat de l'insuline nécessaire pour répondre à la demande de Cuba durant un an.

N'ayons pas peur des mots : il s'agit d'un génocide, selon la "Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide", adoptée par l'O.N.U. le 9 décembre 1948 et dont les États-Unis sont signataires ; son article 2 cite parmi les critères le caractérisant "la soumission intentionnelle d'un groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle".Les U.S.A. renouent ainsi avec la sinistre période de la tentative d'asphyxie de l'île des années soixante aux années 2010.

Le 10 avril dernier, un rassemblement (parmi d'autres en France) contre la politique des U.S.A. envers Cuba devant la préfecture de Côte d'Or (notre photo), a réuni plus de quarante personnes ; une délégation a été reçue, et a demandé au gouvernement français d'agir pour mettre fin à cette agression constituant une entrave flagrante aux droits de l'homme.

La politique de Trump, au cours de ses deux mandats, a ainsi pris le contrepied de celle d'Obama, qui avait œuvré avec Raúl Castro à un rapprochement spectaculaire entre Washington et La Havane et contribué (après 50 ans de blocus) à un essor économique de l'île. Dans cette période heureuse, un rôle important avait été joué par le tourisme et le commerce. Ils sont aujourd'hui gravement entravés par la baisse (liée aux mesures trumpiennes) du trafic aérien avec l'île. Les échanges de Cuba avec l'Europe et la Chine (exportations de nickel et de productions agricoles, importations de produits manufacturés tels vêtements, électroménager, machines) a de plus en plus de mal à limiter les dégâts. Sous la pression des États-Unis, l'Italie a dû renoncer à embaucher en Calabre des médecins cubains qui devaient pallier la pénurie des professionnels de santé !

Le secrétaire d'État Marco Rubio, fils d'immigrés cubains, très proche des donateurs et électeurs cubano-américains (adeptes d'une droite musclée) de Floride, est particulièrement impliqué dans cette politique états-unienne d'ingérences et de pressions.

L'opération commando organisée début janvier par Trump au Venezuela pour enlever Maduro, allié de Cuba, devait — entre autres buts de guerre — provoquer l'asphyxie de l'île rebelle à l'impérialisme étatsunien en Amérique latine, en la privant de pétrole.

Depuis, les négociations officielles, maintenues entre Cuba et les U.S.A. (avec le soutien de la communauté internationale) en dépit des extrêmes tensions provoquées par ces agressions caractérisées, ne  permettent plus  la moindre avancée.

Rappelons que lors de la dernière assemblée Générale de l'O.N.U., une écrasante majorité de pays, comme chaque année depuis 33 ans, a adopté une résolution réclamant "la levée du blocus économique, commercial et financier" imposé à Cuba par les États-Unis, par 165 voix pour, 7 contre (États-Unis, Israël, Argentine, Hongrie, Paraguay, Macédoine du Nord, Ukraine) et 12 abstentions (principalement des pays d'Europe orientale dénonçant les liens de Cuba avec Moscou). 

Quels que soient les résultats de la guerre actuellement menée par Washington contre l'Iran, on peut craindre que le prochain crime de Trump contre la paix  concerne Cuba, soit pour faire oublier l'échec du président américain dans le golfe persique, soit parce que son hubris, après ce qu'il considérerait comme un succès, ne connaîtrait plus aucune limite... et ce AVANT le 4 juillet, date à laquelle il a décidé de s'autocélébrer par des fêtes grandioses pour les 250 ans des États-Unis !

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